Le poids des Inbetweens : Matt Galle sur le deuil, l’héritage et New Balance

Le poids des Inbetweens : Matt Galle sur le deuil, l’héritage et New Balance

Il existe une forme de magie bien particulière en Europe du Sud, là où la cuisine est traitée comme un art. Rien d’étonnant à ce que l’Espagne – une culture ancrée dans les plaisirs viscéraux de la vie – devienne la destination finale de tant de créatifs en quête d’ailleurs.

Araia fait partie de ces lieux devenus de véritables refuges. Bien plus qu’un restaurant, c’est un voyage des sens porté par une philosophie de la chaleur humaine. Un espace qui ressemble à une maison que l’on connaîtrait depuis toujours, ancré dans un esprit culinaire nomade et une approche « slow-living » qui vous murmure de rester encore un peu.

L’un des esprits derrière la magie d’Araia, c’est Matt Galle. Un homme qui a troqué les lignes rigides des tableurs de la finance contre la liberté créative et fluide de la restauration. Il s’est posé avec nous pour parler des rythmes de la vie, du poids du deuil et de la beauté de trouver « The Inbetweens ».


1. Qui es-tu, et qu’est-ce qui t’a mené jusqu’ici ?

Je m’appelle Matt Galle. J’ai grandi juste à côté de Washington D.C., et ma jeunesse a été rythmée par le sport : basket, baseball, le mouvement permanent du jeu. Forcément, quand le sport est ton univers, les sneakers deviennent une part énorme de ton uniforme.

J’ai eu une enfance très heureuse grâce à des parents incroyables. Mon père était passionné de sport et possédait une immense collection de memorabilia. Parmi les casques et les maillots signés, il y avait les chaussures. On tient souvent de nos parents ; on hérite de leurs passions comme de bijoux de famille. Collectionner est devenu ma façon de me connecter à lui, surtout quand je me suis tourné vers le côté digital de la communauté.

J’ai suivi le chemin tout tracé : finance et économie à James Madison, puis cinq ans dans la finance d’entreprise en ville. Et puis, la vie a basculé pour toujours. Mon père est tombé malade et, après un long combat, il nous a quittés. C’était mon meilleur ami.

Sa disparition a été un véritable éveil spirituel. Elle m’a complètement déséquilibré. J’ai compris que mon job dans la finance ne m’épanouissait plus ; il ne pouvait pas porter le poids de ce que je ressentais. J’avais besoin d’un changement de décor radical – un endroit pour guérir – et j’ai atterri à Madrid.

La transition vers le monde de la restauration s’est faite naturellement, parce que c’était encore une chose que j’avais partagée avec lui. On passait tellement de temps ensemble au restaurant ; c’est lui qui m’a appris à apprécier le plaisir d’un repas et la communauté qui se crée autour d’une table. Quand un restaurant est bien fait, il rassemble les gens.

En explorant Madrid et en pensant ouvrir mon propre lieu, j’ai rencontré Pedro et je suis tombé amoureux de l’expérience qu’il avait créée chez Araia. Le courant est passé instantanément. Devenir associé il y a un an n’était pas seulement une décision business ; c’était la quête d’une liberté créative et une manière de faire vivre cet esprit de communauté.

2. Si tu devais découper ta vie en chapitres, comment le ferais-tu ?

J’ai un artiste préféré, Mike, qui m’a beaucoup inspiré sur le plan de l’évolution personnelle et spirituelle, et je dirais que les chapitres de ma vie jusqu’ici ont suivi les titres de ses albums : The Highs, The Lows, et le prochain, Inbetweens.

The Highs, c’était l’euphorie de l’après-fac. Le premier vrai salaire, le job stable, les lumières de la ville entre amis. Tout ressemblait à un film, presque trop lumineux pour être vrai.

The Lows, c’est l’ombre qui a suivi. Le COVID, le monde à l’arrêt, la disparition de mon père et une incertitude écrasante. Il y a eu des moments où le chagrin était si lourd que je ne sortais pas de chez moi pendant des semaines. Mais de ce silence est née une forme de croissance. J’ai dû réapprendre à profiter de la vie. J’ai dû trouver Madrid.

Aujourd’hui, je suis dans The Inbetweens. J’ai appris que vivre dans les extrêmes – trop de Highs ou trop de Lows – sonne creux. Je me concentre désormais sur l’équilibre. J’apprends à rester au milieu, là où la vie se passe vraiment.

3. Est-ce que tu as l’impression d’avoir « réussi » ?

Je suis en chemin vers l’équilibre et le bonheur. Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, je me sens épanoui. Il y a une paix tranquille là-dedans.

4. Quelle place ont les sneakers dans ta vie aujourd’hui ?

C’est une affaire d’amour pour le savoir-faire. Que ce soit pour composer une tenue avant de sortir le soir ou simplement admirer la construction d’une chaussure, j’y vois une histoire. Je me souviens d’avoir regardé un ami dessiner et concevoir des sneakers – ça a éveillé ma curiosité pour le « pourquoi » derrière le design.

Au-delà de ça, c’est une question de communauté. Grandir sur la côte Est et visiter ces boutiques mythiques… ça a toujours été une histoire de gens que les chaussures rassemblent.

5. Et pourquoi New Balance en particulier ?

New Balance, c’est la marque que j’ai vu mon père porter toute mon enfance. La boucle est bouclée. Les voir passer du statut de « dad shoe » à celui de véritable référence culturelle, avec une vraie crédibilité, c’est incroyable.

Ils maîtrisaient le confort bien avant que ce soit une tendance. Des modèles comme la série 2000 et ses pods bousculent l’approche classique : ils modernisent la silhouette sans en perdre l’âme. C’est une marque qui sonne juste.

6. À quoi ressemble ton avenir ?

J’essaie de me laisser porter. J’ai trouvé une nouvelle liberté dans la créativité et je veux la préserver. Que ce soit à travers le skate, le streetwear ou le restaurant, l’idée est de continuer à créer et à construire une communauté.

Araia n’est que la base. C’est la maison que j’ai bâtie à partir des leçons que mon père m’a laissées.

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Dans un monde qui nous pousse à aller toujours plus vite, Matt Galle et l’équipe d’Araia nous rappellent de trouver notre « Inbetween ». Que ce soit le confort technique d’une New Balance 2000 ou la vulnérabilité partagée d’un repas dans une salle chaleureuse de Madrid, les meilleures choses de la vie sont celles qui nous aident à retrouver notre équilibre.

Ne manquez pas de passer chez Araia lors de votre prochaine visite.

Matt Galle – photo 1Matt Galle – photo 2Matt Galle – photo 3Matt Galle – photo 4Matt Galle – photo 5

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5 commentaires

I couldn’t be happier for you Matthew. May you continue to live a life of choice and fulfillment.
Your loving Aunt, Carol

Carol Fox Prescott

Your dad is my first cousin & just know how very proud Tom would be of you. Your accomplishments are outstanding & I’m so glad your Aunt Anne sent me the link to see you. Just wish we knew each other more than this, but will continue to follow you. last saw you at my Uncle Ned’s funeral, your grandfather. I shall share this link with my other family members & will cheer you on! Take very good care & keep shining! Best wishes now, Tina🥰

Tina Galle Martin

It’s a beautiful thing to have the courage to embrace the new and unknown. Well done you. Well done your parents. Maybe one day I’ll dine at your restaurant. I’d love to see Spain.

Laurie Graham

Such a great and heartfelt story about You, Matt, and what has brought you to Araia, among other aspects of life! Really interesting story, wonderful photography- I do hope to make it there. Loving to share in my Cousin Matt’s journey. Much love and respect!

Janet Trager

Great interview. Love the shoes

Irwin

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